Calypso

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24 juillet 2015

Yannis

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U4. Yannis

Florence Hinckel

Nathan / Syros, août 2015

401 p.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé éditeur

Yannis vit à Marseille. Ses parents et sa petite sœur sont morts. Maintenant, il voit leurs fantômes un peu partout - peut-être qu'il devient fou ? Quand il sort de chez lui, terrifié, son chien Happy à ses côtés, il découvre une ville prise d'assaut par les rats et les goélands, et par des jeunes prêts à tuer tous ceux qui ne font pas partie de leur bande. Yannis se cache, réussit à échapper aux patrouilles, à manger...

Mais à peine a-t-il retrouvé son meilleur ami que ce dernier se fait tuer sous ses yeux. Il décide alors de fuir Marseille et de s'accrocher à son dernier espoir : un rendez-vous fixé à Paris...

 

 

Mon avis

Même histoire, même univers que pour Koridwen, mais pourtant, un héros au parcours bien différent !

 

On cerne rapidement le caractère de Yannis, qui doute beaucoup de lui-même. Dans les moments de stress où le courage lui manque, il se met dans la peau d'Adrial, son avatar dans Warriors Of Time. Puis ce double va disparaître à mesure que Yannis s'endurcit et avance dans sa quête. Mais une part de fragilité perdurera, en particulier à travers les fantômes des morts qui l'entourent, qui l'accompagnent et apparaissent régulièrement dans le récit pour lui rappeler la réalité.

Accompagné de son chien Happy, Yannis est donc un personnage qui a de gros doutes mais qui n'est pas dénué de convictions pour autant, ni de sensibilité, ce qui le rend très humain et très attachant. J'ai aimé son évolution, qui fait l'une des forces de ce tome, avec l'histoire d'amour qu'il va vivre. Yannis est aussi celui dont le parcours pour rejoindre Paris est le plus long, puisqu'il part de Marseille. Florence Hinckel décrit alors peut-être davantage la vie dans les R-points, zones de ravitaillement gérées par l'armée. On découvre aux côtés de Yannis et des amitiés qu'il noue que leur protection a un prix : la liberté.

 

Autre point fort, et pas des moindres, la rencontre avec les autres héros de la série. Ayant lu Koridwen avant, j'avais hâte de lire un deuxième tome pour pouvoir apprécier le travail d'écriture imbriquée. Dans son aventure, Yannis rencontre d'abord la froide et sûre d'elle Stéphane lors de son passage à Lyon. Malgré des caractères très différents, ils se complètent et vont s'allier pour tenter de survivre. Puis ce sera Jules et Koridwen qui rejoindront ce duo. On retrouve alors des scènes communes avec le tome consacré à Koridwen, mais donc vues et vécues cette fois par Yannis. La multiplication des points de vue est un vrai régal pour le lecteur ! Par exemple, Koridwen apparaît ici très énigmatique, ce qui est parfaitement en accord avec son personnage que l'on a appris à connaître dans le roman d'Yves Grevet. De même que Yannis était perçu comme un garçon timide et en retrait, presque craintif des réactions de Stéphane.

En parallèle de l'histoire, je ne pouvais donc m'empêcher de penser aux concertations et au travail qu'ont réalisé les quatre auteurs de la série U4 et de m'émerveiller sur cette construction si particulière dont on mesurera pleinement l'ampleur en lisant les quatre tomes !

 

Enfin, je me demandais si la fin serait semblable à celle de Koridwen, les auteurs nous ayant précisé que chaque tome avait sa propre fin et pouvait se suffire à lui-même, et là encore, on est bluffés : sans vous les dévoiler, évidemment, les fins sont différentes mais cohérentes ! Comment ne pas vouloir lire les autres tomes ??

 

"- Excuse-moi... Mais ça, je peux pas. Revivre comme ça, après tout ce qui s'est passé, comme si rien ne s'était passé. Alors qu'il y a tout à refaire. Alors que tout est neuf, maintenant. Tu ne piges pas ? Pourquoi reproduire cette violence, ces inégalités, encore et encore ? Comment peut-on s'écraser les uns les autres, après la quasi-fin du monde !" p.119-120

 

"- Qui te manque le plus ? je demande soudain, en relevant le nez de la boîte de conserve.

Prise par surprise, elle me foudroie d'abord du regard, puis se détend et sourit, en hochant doucement la tête.

- La personne qui me manque le plus, c'est ... mon père, finit-elle par dire.

- Je comprends. Mes parents me manquent atrocement. C'est peut-être idiot, ce que je vais dire, mais ça me réconforte qu'on ait tous les même blessure. Qu'on soit tous orphelins. Ca nous fait une raison de survivre, ensemble." p.193

 

 

 

Merci aux éditions Nathan

 

 

Posté par _Lottie_ à 20:00 - Science-fiction - Commentaires [1] - Permalien [#]
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