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24 janvier 2021

Une langue venue d'ailleurs

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Une langue venue d'ailleurs

Akira Mizubayashi

Folio, 2013

272 p.

7.50 €

 

Ma note : 15/20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé éditeur

«Le jour où je me suis emparé de la langue française, j’ai perdu le japonais pour toujours dans sa pureté originelle. Ma langue d’origine a perdu son statut de langue d’origine. J’ai appris à parler comme un étranger dans ma propre langue. Mon errance entre les deux langues a commencé… Je ne suis donc ni japonais ni français. Je ne cesse finalement de me rendre étranger à moi-même dans les deux langues, en allant et en revenant de l’une à l’autre, pour me sentir toujours décalé, hors de place. Mais, justement, c’est de ce lieu écarté que j’accède à la parole ; c’est de ce lieu ou plutôt de ce non-lieu que j’exprime tout mon amour du français, tout mon attachement au japonais.
Je suis étranger ici et là et je le demeure.»
Akira Mizubayashi.

 

Mon avis

Etant passionnée depuis que je suis enfant par les langues étrangères, et maintenant plus particulièrement par le japonais, quand j'ai lu la présentation de ce livre sur un blog lecture, j'ai tout de suite noté la référence.

Akira Mizubayashi raconte comment sa rencontre avec la langue française a été une révélation lorsqu'il était étudiant et son apprentissage de cette "langue venue d'ailleurs" à travers la musique et l'étude de grands écrivains du siècle des Lumières, comme Rousseau.

C'est une lecture vraiment intéressante pour qui partage cet amour pour les langues. Une langue qui devient à la fois personnage féminin et musique, avec des références récurrentes aux Noces de Figaro de Mozart via une fascination pour Suzanne et des comparaisons à la rigueur et au travail requis pour apprendre à jouer d'un instrument.

Je suis quand même restée sur ma faim avec cette essai autobiographique car j'attendais surtout des anecdotes et des comparaisons et différences entre la linguistique, voire la culture, japonaise et française. Il y en a quelques unes mais vraiment peu par rapport à ce que j'espérais.

 

 

"Je n'ai pas fait de musique à proprement parler comme mon frère en a fait pendant de nombreuses années d'enfance et d'adolescence. Mais j'eus une musique à moi, à moi seul, c'était le français. Personne dans ma famille ne s'en aperçut. Car cette langue venue d'ailleurs était pour moi l'objet d'un travail laborieux, d'un exercice patient, d'une discipline ascétique de tous les jours comme l'a été le violon pour mon frère qui se l'est approprié, incorporé pour en libérer la musique."

 

 

"Dans les boulangeries, les bureaux de tabac ou d’autres petits commerces, je fus frappé par le fait que des hommes (et, moins souvent, des femmes) entraient dans la boutique en disant à la cantonade, « Bonjour, messieurs-dames », ou tout simplement « bonjour » ou encore succinctement : « Messieurs-dames ». Saluer des personnes inconnues ? Et oui, cela est fréquent France ; il suffit de se promener dans les rues de Paris ou de prendre le métro, d’être attentif aux spectacles qui s’offrent çà et là dans les lieux publics. Tandis que dans mon pays, un tel geste, potentiellement créateur de liens, serait perçu comme une violence inacceptable tout au moins comme une incongruité suspecte. La vie sociale s’organise de telle manière qu’un individu (pas un groupe constitué comme militants politiques ou syndicalistes…) n’ait pas à s’adresser, autant que faire se peut, à un inconnu, c’est-à-dire à quelqu’un qui n’appartient pas aux mêmes groupes communautaires que lui. Les inconnus sont par définition suspects. "

 

 

 

 

 

Posté par _Lottie_ à 09:16 - Contemporains - Commentaires [0] - Permalien [#]
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