Chère maman

Chère maman
Sylvie Baussier
Oskar, 2019
84 p.
8 €
Ma note : 19/20
Résumé éditeur
Une femme explore ses souvenirs d'enfance, tour à tour tendres et sombres, dans des lettres confiées à son journal intime. Elles sont adressées à sa mère mais jamais envoyées. Tout bascule quand sa fille de 12 ans, qu'elle aime tendrement, découvre ce journal et le lit. Ces révélations la décident à aller voir sa grand-mère en cachette. Va-t-elle découvrir un secret ? Pourra-t-elle aider sa mère à prononcer enfin, ces mots magiques : « chère maman » ?
Mon avis
Ce roman a une construction assez particulière car en trois temps, que l'on repèrera grâce à l'entête des lettres qu'il contient. Il s'ouvre d'abord sur le journal intime d'une femme adulte qui écrit à sa mère ("Chère maman"), comme une thérapie pour comprendre pourquoi cette femme qui lui a donné la vie a toujours été distante et froide avec elle. Une enfance douloureuse sur laquelle elle s'interroge à travers ces lettres, qui devaient rester secrètes et qu'elle n'a jamais envoyées, ainsi que sur son propre rôle de maman et sa relation à sa fille.
Mais ce journal va disparaître... Elle va le penser perdu alors qu'il est tombé entre les mains de sa fille de 12 ans. Ce sera alors l'occasion pour cette ado de connaître le passé et les souffrances de sa maman, à qui elle va s'adresser à son tour ("Mamounette chérie") et de tenter de réconcilier les deux femmes.
Un très beau texte sur la relation mère-fille recueillant des lettres écrites à coeurs ouverts, à la fois difficiles et pleines d'amour.
"Donc tu n'avais pas désiré que je vienne au monde. Mais moi, semblait-il, j'avais désiré le voir, ce monde, et j'étais sortie de ton ventre rebondi. J'étais la fille d'une maman qui n'avait pas voulu être maman.
Pourquoi m'as-tu raconté cela ? Je me suis sentie rejetée par des vagues puissantes sur une plage de cailloux qui blessaient mes genoux, mes cuisses, mes mains. J'étais endolorie, la surprise me clouait le bec. Que dire ? Que demander ? Je suis retournée dans ma chambre, silencieuse. Tu n'es pas venue me voir. Tu ne m'en as jamais reparlé."
Merci aux éditions Oskar
