Léon 1916
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❤
Léon 1916
Tristan Pichard
Poulpe fictions, 2024
192 p.
11.95 €
Ma note : 20/20
Résumé éditeur
Octobre 1916. Léon, 13 ans, est groom dans un hôtel à Vittel. Avec la guerre, sa vie dans la cité thermale a beaucoup changé : celle-ci est devenue un hôpital militaire, et son père est au front, stationné au fort de Douaumont. La ville tourne donc au ralenti... jusqu'à l'arrivée de Mata Hari, célèbre danseuse javanaise, qui fait sensation. Quand Léon trouve un message codé dans les affaires de la mystérieuse voyageuse, il ne peut s'empêcher de le déchiffrer... et découvre qu’elle est en réalité une espionne à la solde des Allemands : Douaumont est menacé ! Mais lorsqu'il alerte les officiers, personne ne veut le croire. Qu'à cela ne tienne : pour sauver son père, Léon compte bien gagner le front et prévenir les soldats qui tiennent le fortin du danger qui pèse sur eux !
Mon avis
J'ai adoré ce petit roman historique à destination des 10-12 ans ! Je l'ai trouvé super bien fait car il est à la fois simple, bien écrit et facile à comprendre, tout en apportant plein d'informations sur la Première Guerre mondiale, tant sur la vie des civils que sur l'horreur des combats puisque Léon va se retrouver des deux côtés.
Le roman est ainsi découpé en trois parties ou trois lieux emblématiques, que l'intrigue autour de Léon et de sa mission va relier : Vittel, où il travaille comme groom dans un hôtel, le front et ses tranchées entre Verdun et Bar-le-Duc qu'il va devoir traverser et qui vont le confronter à ce que la guerre a de plus horrible, et le fort de Douaumont où il devra convaincre les soldats malgré son jeune âge. Tous ces lieux vont permettre à l'auteur d'aborder bien des sujets, dont certains qu'on ne rencontre pas toujours dans les romans jeunesses sur la Première Guerre mondiale, comme le rôle des espions, du contre-espionnage et de la célèbre Mata Hari, ou encore la "Voie sacrée".
Ce que j'ai aussi beaucoup aimé dans ce livre, c'est qu'à plusieurs reprises, Léon s'interroge sur le sort des soldats ennemis, qui sont eux aussi des victimes, loin de leur famille. Avec son regard d'enfant, il montre toute l'absurdité de la guerre. Il pense à son papa, soldat sur le front et à ce que tous vivent comme enfer, peu importe leur pays.
Enfin, le dossier qui accompagne le roman est vraiment passionnant pour comprendre, en quelques pages, tout le déroulement, les enjeux et les loupés de la Première Guerre mondiale.
"Il grimpe encore un monticule de terre. Là, dans la lumière pâle de l'aurore, un vallon s'étend sous ses pieds. Partout, des petits tas sombres constellent le sol. Ses poumons se figent. Ce sont des morts, des cadavres. Son père parle toujours de ses copains quand il écrit. Il fait comme si la guerre était une colonie de vacances, comme si ce n'était pas si grave et comme s'il était aussi bien là qu'à travailler à l'usine. Il veut éviter qu'ils s'inquiètent, sa mère, Ferdinand et lui. Mais en réalité, c'est l'enfer ici. Ces fameux copains, ils sont là, étendus dans la boue." p.87
Merci aux éditions Poulpe Fictions
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