Cucul
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Cucul
Camille Emmanuelle
Seuil, 2024
256 p.
19.50 €
Résumé éditeur
Le jour, Marie Couston est prof de français contractuelle dans un lycée. La nuit, elle écrit sous pseudo de la romance érotique. Mais lorsque son éditrice exige qu’elle abandonne ses romans cucul pour de la dark romance, Marie voit rouge. En clair, on lui demande de rendre sexy des violences conjugales et sexuelles… Sans regret, et un peu saoule, Marie décide de tuer son personnage principal avant de s’endormir.
Au réveil, elle n’en croit pas ses yeux : un inconnu est assis sur son canapé. L’homme, très beau dans son costume sur mesure hors de prix, lui explique alors le plus sérieusement du monde qu’il est James Cooper, le mâle alpha de sa romance et de ses fantasmes…
Mon avis
J'avais repéré ce roman sur les réseaux à sa sortie et les avis des lectrices étaient tous très positifs. A sa sortie en poche, je l'ai revu passer et ça m'a donné envie de le découvrir, la thématique de la dark romance m'intéressant de plus en plus. J'ai par contre choisi sa version grand format, dont je trouve la couverture plus jolie.
J'ai moi aussi été conquise par cette parodie qui, sous ses airs légers, propose une vraie critique et réflexion sur le phénomène de dark romance et sur le féminisme de manière plus générale. En donnant vie malgré elle à son personnage de new romance, Marie va être confrontée à tous les stéréotypes qu'il incarne, ce qui va donner lieu à beaucoup de passages très drôles, parodiant ce que l'on peut parfois aimer trouver dans ce type d'histoires. James, très lisse, riche et parfait, n'est en effet pas du tout fait pour vivre dans notre réalité, où il paraît plus que jamais détestable, misogyne, voir stupide. Pourtant, aux côtés de Marie, il va peu à peu devenir plus "humain", ce qui ne sera pas sans la troubler...
Mais voilà que débarque aussi l'amour de papier de James et que l'éditrice de Marie, qui ne recherche pas du tout la qualité mais uniquement le potentiel de vente de ses livres, lui impose de se lancer dans la dark romance. Impossible pour Marie de faire subir ces violences à ses personnages, auxquels elle s'est réellement attachée.
J'ai beaucoup aimé tout ce jeu de lecture imaginé par l'autrice, superposant réalité et personnages de fiction avec leurs propres codes, triangle amoureux impossible et donc, toute la réflexion sur les relations hommes-femmes en fil conducteur. Comme Petite Noisette, j'ai par contre trouvé peu réaliste les parties concernant le métier de prof de français de Marie, mais ça ne m'a pas trop dérangée dans ma lecture puisque c'est plutôt secondaire.
"J'étais un super bon burger maison. Un peu gras, un peu régressif, certes, mais savoureux et sensuel. Beverley était une salade de boulgour. Healthy, équilibrée, saine, mais chiante."