Le rêve de Ryôsuke

Le rêve de Ryôsuke
Durian Sukegawa
Le Livre de Poche, 2018
336 p.
7.40 €
Ma note : 14/20
Résumé éditeur
Le jeune Ryôsuke manque de confiance en lui, un mal-être qui puise son origine dans la mort prématurée de son père. Après une tentative de suicide, il part sur ses traces et s’installe sur l’île où celui-ci a passé ses dernières années. Une île réputée pour ses chèvres sauvages où il va tenter de réaliser le rêve paternel : confectionner du fromage. Mais son projet se heurte aux tabous locaux et suscite la colère des habitants de l’île… Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour réaliser nos désirs ? À travers les épreuves de Ryôsuke, Durian Sukegawa évoque la difficulté à trouver sa voie, soulignant le prix de la vie, humaine comme animale.
Mon avis
De Durian Sukegawa, j'avais lu et aimé Les Délices de Tokyo. On garde ici une thématique culinaire puisque le héros, Ryôsuke, va se lancer dans la confection de fromages de chèvre. Mais Le rêve de Ryôsuke va plutôt s'apparenter à un récit initiatique dans lequel celui-ci va devoir combattre ses vieux démons en tentant de réaliser le rêve de son père, dont le suicide reste autant un traumatisme qu'un mystère. Sur l'île où il part s'installer, les habitants ont toute une tradition autour de la chasse des chèvres sauvages qui la peuplent et ne comprennent pas le choix de Ryôsuke de vouloir fabriquer du fromage à partir de leur lait. A lui de faire ses preuves malgré leur hostilité.
Certains passages m'ont beaucoup parlé car, mon conjoint élevant des moutons, je me suis retrouvée dans toute une réflexion autour de l'attachement aux animaux que l'on élève dès la naissance mais qui sont destinés à être consommés. Comme par exemple, le fait de leur donner un nom, qui renforce le lien affectif avec l'animal. Une réalité à laquelle va être durement confronté Ryôsuke, donnant des passages qui sont très durs à lire pour qui a le coeur sensible !
J'ai aussi apprécié toute la partie sur les tentatives de fabrication du fromage et les explications sur les coutumes de l'île ou plus largement du Japon. Mais j'ai trouvé l'ensemble du roman répétitif et finalement assez ennuyeux, exceptés les derniers chapitres, plus prenants.
"C’est la tradition locale de consommer la viande de chèvres. Ici, pour être un homme, il faut savoir chasser, dépecer et cuisiner la chèvre. Les élever pour leur lait, c’est en faire un usage pacifique, sans les tuer ; en d’autres termes, c’est s’opposer frontalement aux habitants les plus conservateurs de l’île…"